La peur n’évite pas le danger !
« La peur n’évite pas le danger ! » : Nous connaissons toutes et tous cette expression qui signifie que s’inquiéter ou paniquer n’empêchera jamais un événement menaçant de se produire. Bien au contraire, cette émotion, lorsqu’elle devient excessive, paralyse. Il s’agit plutôt de se préparer et d’agir avec lucidité. Cette expression semble tout à fait correspondre à notre contexte actuel. Les menaces qui pèsent sur le monde de l’ESS ne manquent pas et sont effrayantes de part les conséquences qu’elles peuvent avoir si elles sont mises à exécution. Les acteurs du non-lucratif ne restent toutefois pas sans rien faire : ils alertent, se mobilisent, proposent des solutions pour éviter le chaos. Ils croient encore qu’un monde juste, solidaire et durable est possible.
Depuis quelques mois, les alarmes retentissent. Elles s’intensifient aujourd’hui avec l’examen et le débat autour de textes législatifs concernant le PLFSS et le PLF 2027[1] mais aussi la Loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, et encore le projet de règlement européen Omnibus X relatif aux pesticides.
La Mutualité Française interpelle, avec son slogan « Taxer davantage n’est pas protéger », sur des transferts de charge de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé - et donc les adhérents - d’une ampleur inédite (autour de 4 milliards d’euros de dépenses supplémentaires sans tenir compte de la hausse de la consommation médicale).
Le Mouvement Associatif continue de dire « Ҫa ne tient plus » pour dénoncer les restrictions budgétaires et les menaces sur les libertés associatives.
L’Uniopss[2], en lançant cet appel « Et si nous arrêtions vraiment ? », interroge le devenir de la société si les associations ne pouvaient plus continuer à assurer les missions du prendre soin qui leur sont dévolues.
La Fondation des femmes a engagé la campagne « A bout de souffle », pour signaler les demandes d’aide en augmentation et la diminution drastique des financements et des associations d’accompagnement des femmes victimes de violences.
Les associations environnementales mettent en garde contre l’Omnibus X avec « Pesticides à vie ? Non merci ».
Les lycéens et étudiants ne sont pas en reste et poursuivent leurs manifestations, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’études et le manque criant de moyens dans l’Éducation nationale.
Les acteurs de l’ESS ne font pas qu’alerter. Ils appellent à une large mobilisation, celle des corps intermédiaires ou acteurs engagés, mais aussi et de plus en plus, celle des citoyen·ne·s ordinaires. L’objectif poursuivi est certes d’être davantage écoutés par les politiques mais aussi de partager les mêmes préoccupations, de porter une parole collective et in fine un projet de société commun.
C’est d’autant plus important que les acteurs du non lucratif formulent des propositions pour sortir du saupoudrage et du court-termisme. Le consortium régional Soliker Breizh a rédigé un Manifeste pour préserver un système non lucratif de santé et de solidarités. La Mutualité Française, avec ses partenaires, présentera fin novembre les propositions des États généraux de la santé et de la protection sociale. Les collectifs bretons du Pacte du pouvoir de vivre se rassembleront début décembre pour donner à voir des exemples concrets d’actions menées localement en faveur de la justice sociale, la transition écologique et la démocratie. À l’approche des élections présidentielles en 2027, il convient de nourrir un débat éclairé sur les enjeux de cohésion sociale et de transition écologique. La peur n’évite pas le danger…
Pour tout savoir sur le projet et les activités de la Cress > Téléchargez le rapport d'activités 2025
[1] PLFSS : Projet de loi de financement de la Sécurité sociale ; PLF : Projet de loi de finances ou projet de budget pour la France pour l’année à venir
[2] Uniopss : Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux.
Illustration : La Boîte graphique


















